La ferme pour enfants de la Ville Oger

A l'origine

En 1978, la mairie de Saint-Brieuc réfléchit à un projet d’aménagement d’une réserve foncière de 17 hectares située à la Croix Saint-Lambert, en limite de Trégueux.
Un comité de quartier se crée pour avancer des propositions et éviter que ce lieu soit complètement urbanisé. Le centre social, associé à la démarche lui apporte un appui technique. Les habitants expriment un besoin de nature et souhaitent le maintien d’un grand espace de verdure. A l’époque, cette demande peut paraître incongrue car Saint-Brieuc est une ville de taille moyenne très ouverte sur le milieu rural. Le comité de quartier fait en outre la proposition d’y installer une ferme pédagogique pour enfants à l’emplacement d’une ancienne ferme. Cette demande s’appuie sur le constat fait par les habitants et le centre social que même à Saint-Brieuc, les enfants sont déconnectés des questions et des pratiques agricoles et qu’un tel lieu a sa place en ville. Maillon vert de proximité dans l’espace urbain, la ferme peut aussi jouer un rôle de prévention auprès des jeunes et des adolescents du quartier.
La municipalité finit par se laisser convaincre de créer une ferme dans Saint-Brieuc. La réflexion collective va aboutir à la décision d’urbaniser 7 hectares et de conserver 10 hectares en zone verte en y installant une ferme pédagogique de 5 hectares. Le premier permanent est embauché en 1982 sur un poste d’animateur d’aide sociale à l’enfance financé par le Conseil Régional. Associative, la ferme est gérée depuis le début par le comité de quartier. L’équipe permanente est constituée de 6 permanents auxquels il faut ajouter les animateurs vacataires. Plusieurs publics sont accueillis : les adolescents, les enfants en centres de loisirs (mercredis et vacances) et dans le cadre scolaire, et le grand public.
On peut d’ailleurs parler de base nature compte- tenu de la diversité des milieux et des publics.


Côté jardin
La ferme de la Ville Oger est organisée en plusieurs secteurs : les bâtiments pour réaliser les activités et héberger les animaux, les pâtures et les terres de grande culture (1,5 ha), l’arboretum qui se poursuit jusque dans la commune de Trégueux et enfin le secteur des jardins. Il s’agit du jardin floral et aromatique (2000 m2), du potager (4000 m2), de la serre (72 m2) et du verger conservatoire de pommes à cidre, entretenu avec la société d’horticulture de Saint-Brieuc (2000 m2).

Côté habitants
Suivant l’âge des enfants, les demandes des enseignants portent sur l’éveil des sens, la découverte de la plante ou sur l’activité de jardinage (planter, semer, arracher les mauvaises herbes). Il s’agit de leur en faire découvrir les plaisirs et les contraintes. La serre est utilisée pour faciliter et accélérer le développement des plantes. Elle est aménagée afin que les enfants puissent travailler à l’aise et que chaque classe puisse, d’une séance à l’autre, retrouver son travail. Les élèves peuvent ausi emporter les plantes en classe pour observer leur développement.
En parallèle au travail des enfants, la ferme de la Ville Oger réalise ses propres cultures qui font l’objet de travaux d’observation et de connaissance. C’est le cas, depuis 10 ans, avec les citrouilles dont plus de 50 variétés sont cultivées. Les enfants sont amenés à goûter les légumes, les cuisiner sur place ou en classe. Le centre de loisirs accueille les enfants le mercredi et les vacances. Un atelier est consacré au jardinage. Il est suivi par environ 8 enfants de 7 à 11 ans. Dans le jardin, tout est prétexte à découverte et à expérimentation, ce qui semble plaire aux jeunes présents puisqu’ils reviennent régulièrement à cet atelier - il faut préciser que l’inscription dans chaque atelier est volontaire.
Enfin récemment, un groupe de 7, 8 adolescents (12-14 ans) qui habitent dans les immeubles du quartier, se réunit sur la ferme régulièrement. Travaux de désherbage, nettoyage des clapiers et utilisation du fumier pour fertiliser le sol, entretien du potager sont au programme. Les légumes et les fleurs sont vendus au grand public le samedi matin.

Ou en est-on?
L’équipe d’animation propose depuis l’origine, des lieux, des supports, une mise en scène du végétal qui doivent provoquer l’envie, la découverte, en partant du principe que grâce à l’émerveillement, l’enfant, le jeune va avoir envie de comprendre comment tout cela fonctionne et voir l’intérêt de préserver cet environnement. Cette approche est appréciée par les enseignants et les jeunes.

Les projets
Réaménager le jardin des "sens" afin de tirer parti de toute l’expérience accumulée (travail sur les saisons en particulier).
Développer le jardinage à l’école grâce à la technique d’Emmanuel Rolland (utilisation astucieuse de bouteilles plastiques pour faire pousser les végétaux).

Budget de l'opération
Il est d’environ 5 000 F par an pour toutes les fournitures. Un animateur est occupé à temps plein pour encadrer les activités jardinage et liées au végétal.
Connaissance du végétal, des cultures agricoles et pratique du jardinage sont des activités étroitement liées dans cette ferme pédagogique.
L’embauche d’animateurs spécialisés (titulaires d’un BTS horticole, par exemple) dans le cadre du dispositif Emploi Jeune, permet de professionnaliser et développer des activités jusqu’à présent prises en charge par des objecteurs de conscience.

Contacts :
Base nature de la Ville Oger
M. Tocquet
22000 St-Brieuc
Tél. : 02.96.78.12.14

Cette expérience est relatée intégralement dans le document "Jardins des Villes - Jardins des Gens" consultable dans lea rubrique téléchargez du réseau grandouest
Remerciement au groupe "Éducation à l'environnement urbain en Bretagne" qui nous a aimablement autorisé à diffuser ces expériences sur le site.

Vous avez la possibilité de vous procurer le document auprès de l'Office social et culturel rennais - 6 cours Alliés 35000 RENNES (PAF de 20 F en timbres pour les frais de port)


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