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Résumé de l'expérience présentée à Lille les 23 et 24 octobre 1997 par Klaus HOLZHAUZEN, responsable de la division études et projets de la ville de Lausanne, lors du premier forum du jardinage et de la citoyenneté.
Imaginez une banale surface en gazon, à proximité dimmeubles locatifs, transformée en jardin où poussent fleurs, fruits, légumes et autres plantes aromatiques ! Ce rêve est en train de se concrétiser à Lausanne grâce à un projet du Service des parcs et promenades qui prévoit laménagement de jardins potagers - "les plantages" - sur cinq terrains communaux dans divers quartiers à lintention de leurs habitants.
Une offre complémentaire à celle des jardins familiaux
Comme dans beaucoup dautres villes de Suisse, la possibilité de cultiver un terrain existe. Il faut sadresser à lAssociation des jardins familiaux, mais cela exige de la patience (les listes dattente sont longues), du temps (les parcelles louées sont de taille importante - entre 100 et 200 m2) et des moyens (les parcelles sont souvent équipées dune maisonnette), les jardins familiaux sont généralement situés en périphérie de la ville, ce qui oblige les utilisateurs à effectuer des déplacements parfois importants.
La notion de " plantages ", imaginée par le Service des parcs et promenades, se veut beaucoup plus modeste. Les lopins mis à disposition ont une surface qui varie de 6 à 48 m2 (par multiple de 6) selon les voeux des utilisateurs. Léquipement se limite à quelques points deau et éventuellement à un coffre commun pour le rangement de loutillage.
La simplicité de la structure confère aux plantages un caractère nomade, adapté à la ville, qui elle, est soumise à une évolution constante de son domaine bâti. Les plantages ont cette capacité de sinstaller dans tous les interstices de la ville et de disparaître en cas de nouvelles constructions. Les jardins familiaux, beaucoup plus structurés et sédentarisés, sont pratiquement impossibles à déloger.
Les plantages se distinguent des jardins familiaux aussi par leur accessibilité. Situés au pied des immeubles locatifs dun quartier, ils sont peu éloignés du domicile des utilisateurs. La règle veut que lon y vienne en quelques minutes à pied. Les bénéficiaires ont le choix dy cultiver des légumes, des fleurs, des arbustes à baies et des herbes aromatiques, mais sabstiennent de faire pousser des arbres et du gazon. Ils renoncent également à linstallation de tout élément construit.
Les plantages ne se substituent donc en rien aux jardins familiaux. Ils constituent simplement une offre différente et complémentaire qui sadresse à un public différent.
Remédier à la disparition des jardins
Les réflexions menées lors de lélaboration du plan directeur communal sont à lorigine du projet de plantages. Cette étude à léchelle de la Ville a permis de mettre en évidence lérosion et lappauvrissement des espaces jardinés situés sur le domaine privé.
Pour remédier à cette réalité, le projet de plantages sest imposé comme une expérience à tenter ; les buts à atteindre étant de diversifier la végétation en milieu urbain, doffrir la possibilité aux citadins de renouer avec les plaisirs du jardinage et de susciter un attachement particulier avec son environnement direct. Loisirs de proximité, les plantages contribuent aussi à lanimation du quartier en devenant un lieu de rencontres et déchanges.
Expériences concluantes dans divers quartiers
La Commune de Lausanne sest proposé de montrer lexemple en mettant à disposition un certain nombre de terrains sans affectation particulière. Cinq terrains de 1100 m2 en moyenne, dispersés dans la ville, ont été retenus, vu leur situation dans les quartiers densément habités.
Laménagement et léquipement des terrains se veulent simples, modestes et fonctionnels ; lessentiel étant que le confort nécessaire à une bonne pratique du jardinage soit offert. Les travaux prévoient le labour du terrain, la création dun réseau de cheminements, dalimentation en eau et la pose de clôtures de protection sur le pourtour de la parcelle. Le crédit accordé en automne 1995 par le Conseil communal pour lensemble de ces travaux se monte à 166 000 francs.
Le premier terrain, dune surface denviron 1 000 m2, a été aménagé en avril 1996 dans le quartier des Libellules, situé au nord de la ville. Deux autres ont suivi en avril 1997. Lexpérience sest avérée fort concluante, puisque les trois sites ont rapidement été entièrement occupés. Près de 100 riverains, de tous âges et toutes conditions sociales, répondant à lappel dun dépliant municipal intitulé " A deux pas de chez vous, un lopin de terre à cultiver, ça vous tente ? " avaient déjà pris possession de leur lopin de terre à l'automne 1997. Chacun des utilisateurs sest engagé à respecter quelques règles de mise à disposition des parcelles et à sacquitter dune modeste contribution de 3 francs par m2 et par an pour couvrir les frais de consommation deau. Chaque locataire amène ses propres outils, ce qui renforce le caractère essentiel de la proximité des plantages, à moins de 5 minutes à pieds des résidences des jardiniers.
Promotion des plantages sur le domaine privé
Un service public a avant tout pour mission de gérer et dentretenir les espaces verts publics. Mais il a également pour tâche, dans le cadre dune planification cohérente de lenvironnement urbain, de prendre en compte la surface verte privée. Celle-ci constitue un potentiel important du tissu vert urbain et apporte une contribution considérable à la qualité de vie à laquelle tout citadin aspire.
Par lexpérience des plantages, le Service des parcs et promenades espère que les propriétaires et les gérants prendront le relais en mettant à la disposition de leurs locataires les espaces résiduels qui verdissent le pied de leurs immeubles. Diverses actions de sensibilisation orientées vers le développement de plantages sur le domaine privé seront menées. Elles pourront être accompagnées dun certain nombre de services offerts : conseils techniques, éventuel premier labour, mise à disposition dun règlement.
Contacts : Service des parcs et promenades de la ville de Lausanne
Chef de service : Marc Perrin
Responsable de la vision études et projets : Klaus Holzhausen
Responsable du projet des plantages : Yves Lachavanne